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Christophe Annoot

Artiste-graveur

jeudi 12 avril 2018, par Christophe Annoot

« Le ciel est muet, ne fait écho qu’au muet »
(Franz Kafka, 7 décembre 1917)

Tas

L’artiste « au petit tas » (« qui commet et diffuse ses œuvres par séries ») est celui qui voudrait mettre de l’ordre dans le désordre du monde.

Le tas est d’ordinaire constitué de ce qui reste : des déchets du réel qui montrent en négatif comment le monde est construit, structuré, de quoi il s’agit. Or ce qui reste est du domaine de la mémoire (« tas informatique : partie de mémoire utilisée pour stocker des variables dynamiques pendant l’exécution d’un programme »). Le souvenir fait ainsi tas dans notre esprit, souvent dans la confusion, parfois dans la souffrance. Mais c’est un « tas de charge » (« l’assise de pierres que l’on place pour recevoir des constructions ultérieures ») de ce qui va advenir dans le processus créatif. Plus, il s’organise comme le « tas droit » d’une chaussée (« rangée de pavés établie en ligne droite sur le milieu d’une chaussée et à partir de laquelle les ailes s’étendent en pente jusqu’aux ruisseaux ») propice à l’écoulement des flux d’énergie qui circulent alors.

C’est comme cela que des tumulus, des tertres ou des cairns contiennent des restes humains : ce sont des formes universelles à la verticalité anthropomorphique ; le tas peut y être un tas d’ossements ou de cendres... Mais sans doute aussi de viande et de graisse, ou de vêtements.

Alors, il faudra se rendre sur le « tas » (« masse d’un ouvrage de pierre en cours de réalisation, chantier à pied d’œuvre ») pour (ré)apprendre à travailler, à accueillir ce qui advient et chercher de nouveaux chemins, et peut-être à utiliser le « tas de planage » (« petite enclume utilisée pour emboutir, planer, relever… ») pour corriger la plaque/pour se corriger, ou le « tas de l’air » (« appareil de calcination et de grillage dans lequel on place le minerai en tas affectant une forme pyramidale et où on le met en combustion par simple allumage ») pour transformer alchimiquement le minerai de la pensée en l’œuvre.

Ainsi, pour nous, le tas serait celui de la « tasserie » normande, partie d’une grange où l’on garde la récolte c’est-à-dire le grain qui donnera lieu à de nouvelles récoltes. Il est donc du domaine de la fécondité, métaphorique des travaux et des lieux de l’art, et de l’œuvre elle-même faite ou à faire.

Portfolio

Tas 2 (2017) Tas 1 (2017) Tas 4 (2017) Tas 3 (2017) Passerelle 1 (2016) Passerelle 4 (2016) Passerelle 3 (2016) Passerelle 2 (2016) Passerelle 5 (2016) Passerelle 6 (2016) Passerelle 7 (2016) Passerelle 8 (2016) Racines A (2017) Racines B (2017) S1 (2018) S2 (2018) S3 (2018) S4 (2018)